Nos looses

 

Qui n'a jamais connu de looses en montagne? Qui n'a jamais connu le débutant (y compris soi-même à ses début) marchant maladroitement avec ses crampons déchirant son pantalon, marchant sur la corde parcequ'il n'arrive pas à faire en sorte que celle-ci soit tendue, perdant son gant dans une pente de neige, voir pire, son sac à dos. Mais qui aussi, qu'il soit débutant ou confirmé ne s'est jamais pris de but en montagne, à cause du mauvais temps ou d'une erreure grossière d'itinéraire?
Parcequ'on apprend plus en loosant qu'en menant à bien une course, parceque l'on apprend toujours beaucoup des looses des autres, le Club Montagne de Supaero révèle (presque toutes) ses looses:

Les petites looses:

Nos Buts :

Les petites looses :

Le coup du crampon mal réglé: classique chez le débutant qui après une séance de cascade de glace croit savoir régler ses crampons. Alors toujours penser à vérifier le réglage des crampons avant une course, sinon ça donne: crampon qui se barre dans la marche d'approche du couloir de l'Ordiguer, et une demi heure de perdue. Cela a failli mal se passer dans le couloir N du Bony d'Envalira, où alors que la cordée évoluait corde tendue dans le mixte sommital, un crampon a la bonne idée de se défaire: plus de peur que de mal, mais bon à éviter.

Le coup du gant qui file dans la pente: on ne le répétera jamais assez, mais il faut toujours faire super gaffe quand on enlève son sac à dos ou ses gants dans une pente de neige raide. Le coup du gant qui s'en va dans la pente, dans un couloir à 45° au mois de Janvier, c'est pas ce que l'on fait de mieux..... (Je sais même pas comment on a fait pour le retrouver à la descente)

Le coup du duvet qui tombe de la falaise: Voilà, vous décidez de passer vos vacances dans les calanques, et Joe a son super plan pour être sur place et loger gratuit: vous bivouaquez sur des vires. Et le soir dans la nuit vous entendez un cri et voyez une ombre s'écraser dans la mer: vous paniquez, un de vos potes vient de tomber de la falaise c'est sûr! Et puis une voie paniquée: "Mon Duvet, il est à la flotte". Soulagement mais pour l'interressé après avoir tenté vainement de repêcher son duvet, c'est une nuit bien fraîche qui s'annonce!

L'homme qui ne traversait pas sur les ponts: Vous partez faire le Valier en raquettes au mois de décembre, et après 10 min de marche il faut traverser un torrent. Vous avez perdu le chemin, et vous vous trouvez à 30m du pont. Qu'à cela ne tienne, vous allez traverser en sautant d'un bloc à l'autre! Vous vous lancez, sûr de vous, et ..... plouf! La situation est tellement ridicule que vos compagnons, au lieu de s'alarmer, sont morts de rire. Vous sortez trempé, avec en prime le piolet perdu au fond du torrent...

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Nos Buts :

(Très timide) tentative de la goulotte Cret au Pic de Chamoissière en Février 2005 (par Basu et Jérôme)

On avait besoin de changer d'air, alors pourquoi pas un week-end dans les Alpes, dans le Massif des Ecrins? On avait entendu parler de la goulotte Cret, souvent en condition, paraît-il, on s'était donc dit qu'en jouant à "la roulette des conditions" y avait des chances. Au parking du Pied du Col, On (Fonzy du CMECL, qui rentre de 2 jours de ski de rando) nous dit qu'à son avis, vu comme c'est sec, ce ne sera pas en condition. Mais on a été assez idiot pour quand même vouloir essayer.
Et c'est parti pour la montée en refuge, avec des sacs trops lourds (sac de couchage, quantités de vêtements pour le froid, le rappel, une impressionante collection de broches à glace, coinceurs, friends, et dégaines....). On aurait pu passer pour des vrais pros!

Le lendemain, le reveil a été très dur... La température est descendue très bas (inférieure à - 20°). La marche d'approche était une vrai galère, on brassait jusqu'au genoux malgrès nos raquettes.... Il nous a fallu 5 h pour fair les 800m d'approche.... Et Surtout, la goulotte n'était pas en condition: pas de glace, c'était tout sec! Quels cons on a été! Le retour en fut d'autant plus pénible. Et puis il y a eut ce fichu orteil devenu insensible lors de la descente, toujours insensible le lendemain à 6h du matin le long du canal du midi , où une ombre se déplaçait, pédalant maladroitement en "grosses" avec un sac énorme, de retour de Lyon par le train de nuit. Ce fichu orteil qui s'est mis à faire horriblement mal 3 jours plus tard quand le sang à recommencer doucement à y circuler...

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Tentative du couloir Faustin au Mont Valier en Juin 2005 (par Gert, Philipp, Thomas et Jérôme)

La météo annonçait un samedi nuageux le matin, les nuages devant se dégager dans l'après midi et un dimanche ensoleillé. On décide de monter l'après midi à la cabane d'Aula, afin de profiter du soleil. Mais au cours de la montée, force est de constater que les nuages tardent à se lever et la montée se fait dans le brouillard. Arrivés à la cabane d'Aula, la visibilité est de 50m à tout casser. Par mesure de précaution Thomas et Jérôme décident de faire une courte reconnaissance du chemin à suivre pour trouver la base du couloir. 2h plus tard ils reviennent trempés, ayant juste trouvé le départ du chemin situé à 400m du refuge, s'étant complétement égarés dans des pentes d'herbes mouillées au dessus de la cabane.

Le lendemain, lever 2h et Ô surprise un brouillard à couper au couteau s'est installé dehors, on y voit pas à 10m avec la frontale. Le couloir faustin étant orienté E il faut partir de bonheur, nous décidons donc de partir malgré le brouillard, en espérant que celui-ci va se lever. La reconnaissance de la veille est bien utile pour trouver le début du chemin de l'approche. Puis on prend pied sur la neige, et à l'altimètre et la boussole on remonte les pentes de neige. "Remonter le cône de neige" dit la topo. C'est bizarre, on a l'impression d'être trop à gauche, mais à droite on bute sur des pentes en herbes.... Finalement à force de tatônnements on trouve le début d'un couloir dont la rimaye n'est pas évidente. "yes, on est des bosses, on a trouvé le couloir malgré le brouillard". Puis la pente du couloir se couche, et le couloir s'élargit anormalement. Finalement, nous sortons de la mer de nuage, et découvrons à notre grande surprise ..... que nous nous sommes engagés dans l'itinéraire de descente! Nous allons quand même jusqu'au sommet, en faisant une variante dans le haut en empruntant un petit couloir à 40°.

C'est à la descente que nous comprenons notre erreur, le cône de neige dont parlait la topo était en herbe et rochers... Peut-être que sur ce coup là un GPS nous aurait servi....

Photo:

Au départ de la montée en refuge.
"C'est par où????"
Thomas et Gert au desssus de la mer de nuage: "je crois qu'on s'est trompé!"
La consolation: lever de soleil sur la mer de nuage!
La variante que l'on a faite dans le haut: le petit couloir
Au sommet du Petit Valier...
...alors que les nuages sont toujours là!

 

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Tentative de l'arête Kuffner au Mont Maudit en Août 2005 (par Basu, Thomas et Jérôme)

La Kuffner! La classe! On savait que l'arête, même si elle était sèche, ne serait pas problèmatique. On était gonflé à bloc par nos succès dans les Ecrins et vraiment bien entraînés. La seule difficulté que l'on nous avait signalé résidait dans la montée au bivouac de la Fourche, situé sur l'arête Kuffner: Le couloir d'accés était en glace, à 45/50°. On est parti le matin de l'aiguille du midi, on a descendu toute la vallée blanche, puis on est remonté dans la Combe Maudite pour accéder au couloir. Un couloir en glace est toujours pénible à gravir, on progresse plus lentement que sur la neige, on a le coeur qui bat à toute vitesse à cause de l'effort physique, mais aussi à cause des chutes de pierres qui vous frôlent et vous vous demandez quand vous allez sortir de ce foutu couloir. Finalement, c'est avec soulagement que l'on a pris pied sur l'arête, et que l'on a atteint le bivouac de la Fourche. "Heureusement qu'on aura pas a descendre ce couloir", pensait -t-on très fort.

Deux cordées d'italiens nous rejoignent peu après. Il faut alors s'organiser dans le minuscule bivouac pour ne pas se gêner. C'est ensuite l'habituel corvée de neige à faire fondre, car à cette altitude on boit beaucoup. On en profite pour discuter avec les italiens qui ne comprennent rien à l'anglais ou au français, à l'exception d'un seul qui nous confirme que demain il fait grand beau. La météo française et italienne semble concorder sur ce point, c'est encourageant. L'après midi passe, à regarder les énormes chutes de sérac qui depuis le Col Maudit s'écrasent dans la Combe Maudite, et les avalanches qui dévalent l'énorme couloir Güssfeld pour s'écraser sur le glacier de la Brenva. Le Mont Blanc vu de ce côté, semble vraiment être une forteresse imprenable dont le point faible serait l'arête Kuffner, à l'abri des avalanches et chutes de Sérac.

Le lendemain, lever 3h. Le ciel est étoilé, la journée s'annonce bien. On laisse partir les 2 cordées d'italiens, et on commence à notre tour l'escalade de l'arête. On progresse vite, rattrappant au pied des passages difficiles la cordée qui nous précéde, et qui nous distance à nouveau alors que nous nous engageons dans ces mêmes passages. Mais vers 5h30 des nuages commencent à apparaîtrent. Le Mont Blanc se couvre. Le Maudit aussi. Le lever de soleil est d'un rouge inquiètant. Devant nous les Italiens se sont arrêtés pour voir comment évolue le temps. Nous les rejoignons et nous en faisons autant. Il est tentant de continuer, depuis le temps qu'on en rêve de la Kuffner! En plus, c'est vrai qu'il y a des traces dans la neige, et qu'il suffit de les suivre. Ensuite parce que par beau temps il est plus facile de sortir au sommet, que de redescendre l'arête et surtout le couloir de glace. Mais que ce passerait-il si on perd la trace une fois arrivés au sommet? Dans le brouillard au Maudit, même à la boussole et à l'altimètre, les chances de redescendre sur le col du midi sans se tromper sont faibles si le vent ou la neige a effacé les traces.... Le temps se couvre de plus en plus, les nuages arrivant de l'Est. Cette fois s'en est trop! Autant commencer à redescendre avant que ça n'empire. On laisse donc nos italiens indécis, et on commence la délicate retraite. On croise à la montée une cordée de 2 français décidés à continuer malgré le brouillard. Arrivés à l'aplomb du couloir de glace, on croise 2 cordées avec guides venant du refuge Torino, et qui ont gravi le couloir le matin même. Devant notre retraite, ils décident d'en faire autant. La neige se met à tomber. La descente du couloir commence, délicate, en désecaladant les rochers rive gauche. Puis les rochers s'interrompent, laissant une pente de glace plongeant vers la rimaye. On installe un premier rappel de 50m. Mais il ne suffit pas à atteindre la rimaye. Il nous faut alors tirer un second rappel sur abalakov, dans la glace. A plusieurs reprises des pierres nous frôlent. Y en a marre de ce travail! C'est avec soulagement que nous prenons pied dans la combe maudite et réussissons à rappeler la corde sans problème. Il faut encore descendre la combe maudite, puis remonter la vallée blanche (que c'est long et monotone!) dans le brouillard, pour atteindre l'aiguille du midi, hors des nuages. Là stupeur! Les versants N du Mont Blanc et du Mont Maudit sont dégagés. Si on était sorti au sommet, on aurait pu descendre dans le beau temps! Mais était-ce bien raisonnable?

Photos:

Basu franchissant la rimaye du couloir d'accès au Bivouac
L'arrivée au bivouac de la Fourche (à droite)
L'impressionnant versant de la Brenva du Mont Blanc depuis le bivouac
A l'intérieur du bivouac de la Fourche
Dans la descente de la Combe Maudite avant de rejoindre la Vallée Blanche

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Ski de rando au Pic de Lampau (Ariège) - Janvier 2006 (par Q, Jérôme et Guillaume)

La sortie loose de l'année. Difficile de faire mieux. L'idée était de partir le vendredi après midi (tant pis pour les amphis de maths) pour monter en voiture au Col de la Core, et lendemain de faire le Pic de Lampau (2543 m) à côté du Valier. On s'y est pris à l'arrache, et comme il se doit quand on prépare rien, les choses ne sont pas du tout allées comme prévus. En fait on a perdu le contrôle avant même d'être parti:

Lorsqu'on arrive à Ontario pour louer les skis, on apprend qu'ils ont plus rien pour le WE, et qu'il arait fallu s'y prendre à l'avance. Un coup de fil à la Maison du ski - ils en ont encore - et on fonce dans les embouteillages de Toulouse pour aller les louer. Enfin on a nos skis, mais à quels prix: c'est presque deux fois plus cher qu'à Ontario pour la journée. Finalement on quitte Toulouse, à l'heure où l'on avait prévu d'arriver au Col de la Core.
Passés Seix, on s'aperçoit qu'on a oublier d'acheter les piles pour les ARVA... Mais il est 2030, et tout les commerces du coin sont fermés. Puis lorsqu'on arrive en bas de la montée, on découvre que la route du Col est fermée... On continue quand même de monter en voiture, jusqu'à ce que l'on se retrouve arrêté par la neige. Là on met les chaînes, et on envisage de continuer le plus loin possible en voiture, mais après 30m, une des chaînes se casse, et la voiture se retrouve bloquée dans la neige. Nous voici contraint au bivouac sur le bord de la route.... Pour agrémenter le tout, les ravioli marque 1 sont profondément dégeulasses, et Guillaume découvre que sa couverture de survie est déchirée. C'est partie pour poser le matelas mousse à même la neige.... (L'isolation, c'était pas trop ça!)

Le lendemain réveille à 5h du matin, mais on arrive pas à décoller avant 6h30. On commence à remonter la route qui mène au col à ski puis les ennuis commencent: une des peaux de Jérôme se barre et il doit bricoler une réparation avec de la ficelle pour faire tenir le tendeur avant. Puis Alors qu'on arrvie au col, Guillaume décide de changer de chaussettes pour éviter d'avoir des ampoules. Puis profitant du lever du jour, on transfère les piles de nos frontales dans les ARVA (une chance que ce soit compatible!). Enfin, on commence la rando initialement prévue. On commence à remonter la crête de Balame, en suivant des traces existantes. Trop content de suivre des traces, et de ne pas avoir à tracer nous-même, on s'est pas poser la question de savoir où elle montait, et finalament on est toujours à suivre la crête, lorsque celle ci devient de plus en plus éffiliées, et impossible à suivre sans crampons, alors que l'on aurait dû basculer sur la droite pour suivre le GR 10 D, mais qui n'était pas tracé. N'ayant pas le choix, on se résout à redescendre, par la combe à l'est de la crête, puis on rejoint la crête pour retrouver le chemin que l'on aurait dû suivre. Commence alors une traversée merdique dans la forêt dans les flanc de l'Aubagne, puis une remontée pénible pour rejoindre la crête NW de l'Aubagne. Là il est déjà 12h, et il nous impensable de continuer à monter, si on veut rendre les skis avant 19h à la location.

On entame une courte descente, pour à nouveau mettre les peaux dans la traversée merdique de la montée. Là c'est au tour de Q de perdre une peau, 20 m avant de rejoindre la crête de Balame. Enfin sur la crête, une courte descente nous ramène au sous les lacets du col, et de là on suit la route jusqu' à la voiture. On aura fait moins de 400m de descente pendant la journée, pour 30 € de locations! La rage! Heureusement, on a fini pas réussir à décoincer la voiture, et à lui faire faire demi tour, avec une seule chaine, puis c'est le retour sur Toulouse...

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